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Ces derniers jours, ça ne va pas. Je n'arrive pas à me réjouir de mon rôle de maman à temps plein, j'ai l'impression de me noyer dans le bruit, les tâches ménagères et les demandes incéssantes si bien que le moindre cri est perçu comme une agression. Je connais ces périodes, à vrai dire elles reviennent en boucle, surtout lorsque Chéri d'amour enchaîne beaucoup d'heures au travail et les déplacements pour le hockey des pirates le week-end et que cela me fait "sauter" mes mercredis après-midi et les week-ends en famille, où je pourrai me décharger de mes responsabilités que je porte seule le reste de la semaine. Je ne fais rien, je pleure, je crie... J'ai tellement besoin de SILENCE, juste quelque heures de silence, une après-midi shopping, du temps seule... et aussi,, un constat et une interrogation, en lisant les blogs des mamans IEFeuses si épanouies,  qui font plein de choses avec leur progéniture et semblent n'avoir d'autres joies dans la vie que de réciter l'alphabet ou confectionner des brioches avec l'aide de leurs marmots.

J'en suis venue à me demander si, de nature plutôt solitaire et passionnée de plein d'activités chronophages qui n'ont rien à voir avec la lecture de manuels Montessori ou lessive écologique, je suis vraiment faite pour le homeschooling, si, dans le fond, c'est un si grand avantage que cela que mes enfants passent tout leur temps avec une maman stressée et fatiguée, sur le point de s'effondrer.

 

C'est dans cet état d'esprit que je viens de tomber sur un article du magazine russe consacré au homeschooling, ici. Et j'ai tout de suite compris qu'il était fait pour moi, je me reconnais dans chaque point, d'ailleurs, il m'arrive aussi d'user de ces techniques (et que c'est bon et déculpabilisant de lire certaines d'entre elles comme des conseils noir sur blanc!). C'est la bouffée d'air et la déculpabilisation dont j'avais besoin là tout de suite,, mais je suis certane qu'il servirait à nombre d'entre vous, parents IEFeurs ou pas d'ailleurs. En voici donc la traduction:

 

 

Et si maman était introvertie? C'est une question qui revient souvent lors de la réflexion sur les avantages et inconvénients de l'instruction en famille. [...] Ce doute n'est pas infondé, mais une question réellement sérieuse. Le burn-out émotionnel de la maman n'est pas une blague. Nous aimons tous nos enfants et comprenons très bien à quel point leur enfance est brève, toutefois, se trouver en leur bruyante compagnie "sans droit de sortie" 24 heures sur 24, sept jour sur sept est parfois difficile, puisque la maman a besoin des forces et d'énergie immédiatement. [...]

En choisissant une vie avec des enfants nous choisissons de vivre bruyamment, après tout même s'ils vont au jardin d'enfant ou à l'école nous avons tout de même, dans une mesure plus ou moins importante, à passer nos journée à expliquer, à enseigner, à séparer, à raconter, à convaincre, à consoler. Parfois, le soir, je ne supporte plus le son de ma propre voix. Les mots, les voix, les sons emplissent ma tête comme un récipient en verre, jusqu'à ce qu'ils en débordent. D'un autre côté, il suffit que je trouve un peu de silence, et ma fatigue et mon énervement se muent en énergie et inspiration, et tout autour semble plus patient et plus chaleureux.

Une glace, dans les toilettes, à neuf heures du matin? Café au balcon sans manteau alors qu'il gèle? Un petit sac de bonbons dans l'armoire? Tout ceci, c'est à propos de moi à la recherche des îlots de tranquillité. Je pense que chaque maman peut raconter quelque anecdotes de ce genre. Mais pour les introverties, le temps pour recharger les batteries seule - ou en silence- est un besoin vital, alors nous avons beaucoup plus d'histoires de ce genre.

Un jour, en risquant pour la enième fois une pneumonie, j'ai réalisé que les choses ne peuvent plus continuer comme ça et que je vais devoir me "recharger" auprès de mes enfants. Malheureusement, il est impossible d'apprendre cela une fois pour toutes, et on doit réapprendre avec chaque nouvel enfant ou même à chaque fois que pour une raison ou une autre l'équilibre se rompt. Mais en ayant quelque bonnes habitudes et surtout, en réalisant à quel point c'est important, apprendre à prendre soin de soi n'est pas si compliqué. En nous "remplissant" nous "remplissons" les autres, nous donnons à nos enfants une leçon sur l'importance de respecter nos besoins dans notre propre intérêt mais aussi celui des autres.

Je partage donc mes méthodes pour ne pas m'épuiser mentalement.

1. L'heure calme. Cela ne veut pas nécessairement dire sieste, l'heure calme peut juse être... calme. Mon fils aîné a cessé de faire sa sieste très tôt, et alors qu'il allait pourtant à la maternele (l'école russe ne dure qu'une demi-journée) les dimensions de ce changement pour moi ont été de l'ordre d'un tsunami. Mais en réfléchissant bien, mon mari et moi avons mis en place à la maison une nouvelle règle - consacrer une heure à une heure et demi par jour pour nos propres activités. Au début cette idée ne plaisait pas vaiment à notre fils, mais petit à petit il s'est habitué à se reposer dans son lit avec des petites voitures ou des livres, puis il s'est mis à écouter des livres audio, et quand il a grandi il a trouvé  lui-même ses occuptions. La règle de l'heure calme, c'est qu'il a droit de faire ce qu'il veut à condition de ne pas déranger les autres.

2. Réveil matinal/coucher tardif. En fonction de l'âge et du nombre d'enfants ainsi que de l'emploi du temps du parent qui travaille, des habitudes familiales et des tas d'autres facteurs il est possible de planifier sa journée de manière à se laisser du temps quand les enfants dorment - avant leur réveil ou après leur coucher. Nous sommes tous très différents et au-delà des discours sur les lève-tôt et les cuche-tard  le but est de trouver le rythme qui convienne à chaque famille.

3. Du temps dans la nature. Les enfants ne s'ennuient jamais dehors, il s'y passe toujours tellement de choses! Des feuilles crissent sous les pieds, les oiseaux chantent dans les arbres, les cours d'eau font du clapotis, les nuages courent dans le ciel et il n'y a pas meilleur moyen pour la méditation que de marcher où bon nous semble pendant que les enfants explorent leur environnement ou l'observent de leur porte-bébé ou poussette. Parfois, il n'y a même pas besoin de se rendre quelque part, si vous avez un parc et un banc et que le temps le permet vous pouvez juste rester à vous laisser carresser par les rayons du soleil en silence pendant que les enfants jouent seuls

4. Le coin. Si les enfants sont énervés, au lieu de les mettre au coin vous pouvez, au sens figuratif, vous y mettre vous-même. Le "coin" n'est pas nécessairement une punition. Le coin, comme un symbole, c'est un changement d'ambiance, purification de l'espace de ses stimulations, le retardement de la réaction, c'est le temps "pour réfléchir" tout seul et dans le calme. Si le ton monte à chaque discussion et que les enfants se comportent "particulièrement mal" alors le plus souvent c'est maman qui a besoin du "coin"  et non les enfants, et dix minutes pour recharger les batteries résudront comme par miracle tous les problèmes de mauvais comportements. On peut installer un petit dans sa chaise haute et donner un goûter ou proposer à un plus grand d'aller jouer dans le jardin ou rester dans sa chambre avec un livre ou des crayons de couleur. Quand tous les enfants sont en sécurité maman peut elle-même sortir au balcon pour une courte méditation et quelque soupirs (n'oubliez pas le manteau!)

5. Le temps devant un écran. Je suis très méfiante envers les écrans mais je ne crois pas que les dessins animés soient LE mal personnifié. Dans ce contexte il est très important d'être honnête avec soi-même: est-ce que j'utilise la télévision comme une nounou ou un moyen rapide de recharger les batteries? Si vous avez besoin de vous occuper avec l'aîné ou alors juste de rester un peu dans le silence ou encore prendre une douche je ne crois pas qu'un dessin animé d'une demi-heure scrupuleusement choisi puisse définitivement et irrémidiablement détruire la créativité naissante de votre enfant, son goût du jeu, son attachement à ses proches et ne créera certainement pas une dépendance. Chaque famille résout cette question à sa façon mais, d'après mon expérience, pour un enfant de plus de trois ans il est tout à fait possible d'introduire un temps d'écran occasionnel et soigneusement limité sans que cela ne lui porte préjudice.

6. Des petites pauses. Les enfants jouent seuls? Asseyez-vous dans le calme avec un livre ou du tricot, même si ce n'est que pour cinq minutes! Parfois on peut même trouver du plaisir à faire la vaisselle si les petites mains ne tirent pas sur la jupe pendant ce temps... Ne suivez pas la philosophie du "tout ou rien", ces moments courts de calme peuvent parfois véhiculer plus de potentiel énergitique qu'un luxe inattendu: une heure libre entière, qui se retrouve gaspillée car on n'arrive pas à se décider rapidement comment l'employer.

7. Du travail autonome. Apprenez vos enfants à travailler de façon autonome. N'est-ce pas un des plus grands buts de l'instruction en famille? Mais pour une maman introvertie c'est aussi une fenêtre supplémentaire pour se "recharger". Pendant que l'enfant travaille seul vous pouvez vous reposer ou vaquer aux occupations domestiques. Si vous avez plusieurs enfants alors penant que les grands travaillent maman peut, même si elle n'est pas seule, passer du temps avec les plus petits. Ceci me mène au point suivant...

8. Le "remplissage" de l'enfant. Les enfants "remplis" (qui ont eu assez de temps avec vous) jouent plus volontiers seuls, ils sont plus calmes et plus conciliants. Le temps, passé avec l'enfant et qui lui est consacré exclusivement (sans lorgner d'un oeil à Instagram et de l'autre sur la cuisinière) vous retournera par une bonne demi-heure de calme, pendant laquelle vous pourrez faire ce que vous avez à faire ou vous reposer.

9. Méditation. Apprenez à méditer et méditez! Vous pouvez le faire n'importe quand, n'importe où, pendant presque n'importe quelle occupation.Savoir allumer sa conscience vous aidera à profiter au mieux de ces rares minutes de calme que vous pouvez vous accorder dans une journée folle.

10. Demander de l'aide. Si les conseils précédents ne vous sont pas accessibles n'hésitez pas à demander de l'aide à vos proches. Une promenade, une tasse de café sur une terrasse, quelque pages lues dans le silence d'une salle de bibliotheque, et au retour chez vous vous serez un autre homme!

Et enfin.. (lire ce point uniquement si tous les autres ont échoué)

11. Se faire des cadeaux. Si vous n'avez pas d'aide et vous êtes sur le point de craquer, faites-vous un cadeau: annulez toutes les activités, comandez une pizza, sortez la vaisselle en carton, mettez votre film familial préféré et affalez-vous avec vos enfants sur le canapé. Chacun de vous a déjà eu un tel moment, et s'il n'en a pa encore eu alors il l'aura. Nous sommes humains, nous nous fatiguons, sommes déçus, perdus, nous doutons, et cela ne fait pas de nous de mauvaises mères. Faites seulement attention que ces moments n'arrivent pas trop souvent, et si tel est votre cas alors c'est que quelque chose ne va pas comme il devrait et vous devriez vous demande ce que c'est.

Prendre soin de soi est important pour tous, interovertis comme extravertis, mais les introvertis ont besoin dans cette tâche d'un brin plus de créativité et détermination. La prochaine fois que vous prendrez l'avion attachez votre attention aux règles de sécurité: d'abord on se met le masque à oxygène à soi, ensuite aux atres. Si nous prenons soin de nous nous pourrons aussi prendre soin des autres.

(dans ce post je m'adresse essentiellement aux mamans car généralement ce sont elles les parents enseignants mais techniquement les papas introvertis peuvent appliquer les mêmes méthodes)

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