IMG_2964Ayant quatre enfants instruits à la maison, il est difficile d'adapter les demandes et le rythme de travail à chacun d'entre eux, avec, parfois, des approches et des méthodologies différentes, sans susciter de jalousies.

Alors que je dois être "sur le dos" des grands et privilégier le formel pour leurs apprentissages pour les meilleurs résultats, Septans, lui, aura droit à un rythme particulier. Enfant de tous les extrêmes, ayant beaucoup d'avance "scolaire" en maths et en français, il est surtout passionné par le violon, dont le travail lui prend de plus en plus de temps. Il rêve de devenir virtuose, écoute en boucle les oeuvres de Paganini, s'extasie devant des partitions indéchiffrables et passe plus d'une heure par jour à travailler son instrument. Il apprend très rapidement: dans quelque semaines il passera l'examen technique de la troisème année du premier cycle (soit quatrième année de pratique pour un élève moyen)  et ce alors qu'il a commencé il y a seulement un an et deux mois. Aussi, l'an dernier il avait participé à un concours où il avait terminé second, cette année il le refait un niveau au-dessus et... il veut gagner. Je suis assez dubitative quant au résultat car le morceau est plus difficile que celui proposé l'an dernier pour le même niveau, mais dans tous les cas c'est un beau défi et Bonhomme prend très à coeur le travail de son instrument: ainsi, même s'il ne gagne pas, il progressera de toute manière. Par ailleurs, comme il a beaucoup d'avance en maths et en français, nous pouvons nous permettre quelques aménagements dans le travail pour lui permettre de poursuivre son rêve.

Bien sûr, l'accident du grand frère m'a fait réfléchir avant de prendre cette décision - nous attendons toujours le rendez-vous chez le spécialiste de la main qui aura lieu cet après-midi - et de toute façon  il est hors de question de laisser Ouistiti en unschooling complet avec son violon, mais d'un autre côté, quel serait l'intérêt d'être indépendant de toute institution, si ce n'est pas pour permettre à un être spécial de développer ses talents?

A partir de février donc, après la lecture offerte, c'est par son violon qu'il commencera ses journées. Il y passera le temps qu'il souhaite, ou plutôt, aussi longtemps qu'il réussit à fournir un travail sérieux et efficace, quitte à couper un peu dans les maths et le français. Souvent, quand il travaille le matin, il a envie de ressortir son violon l'après-midi (voire à midi, puis à 14h, puis à 16h...): je lui laissrai donc cette liberté. Et surtout, nous reprendrons les cours particuliers à la maison en plus des trente minutes du conservatoire: d'une part, parce que bonhomme travaille à peu près tout ce qui lui tombe sous la main et ce temps ne suffit même plus à tout voir et corriger avec sa prof, d'autre part, les morceaux étant de plus en plus exigents, les consignes de plus en plus nombreuses et mon fils, lui, n'étant malgré tout qu'un enfant de sept ans, il en oublie parfois et travaille toute une semaine "pour rien" et enfin parce qu'ayant débuté en cours particuliers et integré le conservatoire à la rentrée d'après, en solfège, il n'est qu'en première année, ce qui est très insuffisant par rapport à son niveau d'instrument et commence à lui poser des problèmes de lecture et le ralentir dans sa progression (la dernière fois il a fallu se contorsionner pour lui expliquer comment il fallait compter pour lier une blanche à une double croche, et encore je ne suis pas certaine qu'il ait compris) . Voir sa prof une deuxième fois dans la semaine l'aidera donc à structurer son travail et le rendre plus efficace, tout en ayant le temps de combler ses lacunes.

 

J'ignore où cela le mènera, s'il poursuivra une carrière de musicien ou s'il changera de cap; il est tellement petit encore! Mais ce dont je suis certaine c'est que la musique, pour lui, c'est juste un besoin vital, une niche de paix dans ce monde de tarés, un domaine où son énergie débordante, son corps en mouvement perpétuel comme sa sensibilité exrême non seulement ont toute leur place - ce qui n'est pas le cas dans d'autres domaines - mais constituent un avantage certain. Alors, je le suis, et il m'emmène de plus en plus loin sur des chemins inconnus...