IMG_5717J'en ai déjà touché un mot dans un des articles de début d'année, et je tiens à y revenir aujourd'hui.

Ici, une grande place est donnée à l'instruction musicale des enfants; c'est donc tout naturellement que Sixans suit les cours d'éveil musical au conservatoire pour la deuxième année, en vue de choisir un instrument pour l'an prochain. Les cours dispensés sont assez "scolaires" même si, bien entendu, c'est bien plus "fun": l'instit est sympa, les enfants apprennent à chanter, à taper le rythme, à écouter...

L'an dernier, je n'ai pas eu l'occasion de discuter avec la prof; mais en fin d'année le constat était affligeant: Sixans se tenait en retrait, ne chantait pas, ne participait pas. De son côté mon bonhomme se plaignait de ne pas avoir de copains.

 

Cette année, transformation! A ma grande surprise: même prof, même groupe, mais on me parle d'un enfant joyeux, enthousiaste, qui participe beaucoup, a un excellent sens de rythme et chante très juste; par ailleurs, je vois les petits camarades se bousculer en rigolant "moi, je me mets à côté de A." et mon petit bonhomme y va ravi, me pressant pour ne pas être en retard  :)

 

Mais que s'est-il passé?? Cette année, même prof, même classe. Un travail plus fomel aussi. Mais d'où vient donc cette différence, cette attitude aux antipodes de celle de l'année dernière?? Et je ne parle même pas des changements à la maison, aussi bien en termes de travai! que de comportement..

 

Je ne vois qu'une explication: mon fils n'est plus scolarisé. Le travail en groupe et avec une institrice une fois par semaine n'est plus un poids; il a pris confiance en lui - à la maison, nous travaillons une année au-dessus de son niveau en français et deux ans au-dessus en maths, et quand il a tout fini il a droit d'aller jouer - je ne lui demande certainement pas de rester assis dans un coin pour ne pas déranger les autres, je valorise ses apprentissages et le félicite quand il va plus vite que le rythme prévu par le programme ou quand il arrive à faire le poirier entre deux matières! Et le résultat est là. En quelque mois mon fils est transformé: il est souriant, généreux, à l'écoute, espiègle, efficace au travail, participe à la maison, est visiblement épanoui et heureux de vivre; bref, il est devenu ce qu'il est et qu'il a toujours du être, un enfant sans crises de nerfs, hurlements, agressivité gratuite, sans comportements proches d'autisme (refus de communiquer ou même regarder dans les yeux quand on essaie de lui parler ce qui lui arrivait régulièrement au retour de l'école). Les relations familiales sont aussi en nette amélioration: la complicité se crée avec ses frères également en IEF ce qui ne lui empêche nullement d'avoir des copains qu'il est ravi de retrouver au gré de ses activités (hockey, natation, éveil musical..). Nous avons retrouvé avec lui une sérénité et une harmonie qui n'a pas de prix.  Dire que j'en étais venue à me demander s'i n'avait pas un problème qui n'aurait pas été dépisté par son test de QI: TDAH? Autisme?..

 

Je suis tellement heureuse de l'avoir retiré de ce système, tellement fière de lui. Mon fils n'a donc aucun problème, c'est le système qui en a un, le système qui fait soupçonner que des enfants parfaitement normaux auraient un "trouble" quand leur normalité ne rentre pas dans les -étroites- cases prévues pour un enfant "moyen", voire qui oblige un suivi thérapeutique ou la prise de médicaments pour certains. Même sa précocité intellectuelle n'a plus d'importance: hypersensibilité? Nous, on le sait et on le respecte. Besoins affectifs supérieurs à la "norme"? Je suis là pour faire un bisou ou un câlin aussi souvent qu'il en a envie. Ennui? On avance à son rythme, décloisonnant et réorganisant à loisir. Agitation? Du sport, du sport, du sport.

 

Et si certains enfants n'étaient juste pas faits pour l'école? Et si l'école n'était juste pas faite pour les enfants?..

 

 

 

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